Sommes-nous des pigeons ?

Anti-sites
vendredi 4 juin 2010
par Eric S.

Faut-il expliquer !?






Cliquer sur l’image...

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Et si vraiment, vous avez besoin de mots, alors cliquez sur l’article de Lémi, dans Article XI.



Commentaires

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lundi 19 juillet 2010 à 12h34, par  obone

Avant de vous enflammer et de crier au scandale, n’hésitez pas à regarder cette vidéo qui présente le concept de ce banc privé.

Avant de vous assoir il faudra débourser 0.50 euros, et attention à l’alerte de fin, levez vous…

http://www.hebdoblog.com/2010/07/15...

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dimanche 6 juin 2010 à 12h49, par  Luc Elsen

Titre du commentaire : L’autre mon miroir

Très très cher É,

S’asseoir en cercle. Considérer la personne en face de soi. Envisager que ce qui m’irrite en elle, c’est moi, que je n’aime pas. Que ce que j’admire en elle, c’est moi, que je n’assume pas.

Cette proposition n’est pas de moi, à l’origine, mais je l’aménage à ma façon. Je continue : ce qui me fâche dans telle manière de concevoir le vivre ensemble, c’est encore moi. Ce qui me fait peur, etc.

Un exemple : sur le site d’article XI, les allusions à l’animal sont fréquentes (le mouton-porc, l’âge simiesque...). Au premier degré, je lis le schéma classique : l’humain se définit par sa supériorité à l’animal, et l’autre qu’on méprise (l’humain-qui-se-trompe) est réputé tomber ou retomber “plus bas que l’animal”. Au second degré, je lis un mouvement vers la reconnaissance, l’intégration de l’animal en soi. La haine comme une étape de l’amour. Et l’on comprend qu’aimant l’amour, j’aime aussi la haine.

De là à n’utiliser qu’une seule grille de lecture, celle-là ou une autre, non. Mais quand même, je veux l’appliquer à un second exemple :

Quand, sur mon clavier de campagne, je me fends d’un commentaire sur les postages de Lémi, quand je critique ou mets en question les attitudes et analyses que j’ai pris le temps de lire au bout des liens que tu nous proposes, je parle de qui ? Suivez mon regard...

Affectueusement à tous,

LucE

PS Je suis très sensible au fil rouge qui relie ces postages sur Anonymes.Be. Dans le gris qu’on disqualifie, dans la poussière de la ville tourbillonnant dans un coin qui sent l’urine, des miroitements s’offrent à qui focalise son microscope, un ruban de plastique dans la nuit, et l’on peut rencontrer George Orwell soi-même, pour peu qu’on accepte de partager une canette avec un clochard éméché, un samedi soir. Oui, il faut parler encore du monde qui se fait (qu’on nous fait, écrivent certains), et des gens et des choses qui y vivent, qui s’y vivent. Amoureusement le(s) montrer. Merci Éric, George et les autres.

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dimanche 6 juin 2010 à 00h24, par  Eric S.

Oui je crois qu’il faut aussi savoir se scandaliser, que se fâcher est parfois essentiel, vital. En l’occurrence, je le suis quand je vois "la ville montrer ses dents de métai" (jolie expression, Luc !), même si je sais que ce n’est qu’un symbole parmi d’autres, encore plus violents et insidieux.

Non, dire "l’exploitation de l’homme par l’homme a toujours été et toujours sera" n’est pas suffisant, ce n’est pas un argument valide à mon sens. Car alors tout se vaut. Cela revient à dire, "Ne touchons surtout à rien, laissons faire, contemplons, acceptons !"

C’est trop facile.

Oui j’aime contempler, et tu le sais, mais lâcher prise, accepter, ce n’est pas fermer les yeux, ni fermer sa gueule.

La haine que tu pointes ici n’est pas dirigée contre des personnes, des individus, mais contre une manière de concevoir le vivre ensemble. Tiens, juste pour te faire bondir encore un peu plus, voici deux autres articles découverts ces derniers jours : ici et ici.

Bonne nuit, cher respirant campagnard

E

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samedi 5 juin 2010 à 10h59, par  Luc Elsen

Si, comme je le crois, la haine de l’autre dit surtout la haine de soi, que dit la haine envers le bourgeois, le capitaliste, le banquier, si présente dans les textes que j’ai pu lire sur Anti-sites ?

Sinon, quoi de neuf ? À chaque époque, la société rejette ses gueux, ses pouilleux, ses étrangers de manière moderne, actuelle. La nôtre fait de même. Se scandaliser ?

Ceci, pourtant, est peut-être bien nouveau en effet : l’atomisation de la société. Avant, il y avait davantage de lien social, notre modernité le réduit, ensuite... [il y a tout un regard à porter, une analyse, certains s’y emploient]

Dans les villages, c’est un peu moins avancé, bien entendu. Hier, dans le mien, mon voisin d’en face est tombé. Il a 93 ans. L’ambulance est venue. Personne n’est allé vers sa femme et lui. Moi, si. Plus tard, le fils, arrivé de loin, m’a expliqué : le village refuse de leur parler. Pourtant toute la rue était sur son pas de porte, à regarder. Mentalité de village, l’ancienne façon d’être, avec plus de lien social. La lapidation n’est pas si, si loin. Se scandaliser ?

Chaque médaille a son revers, son avers, sa tranche.

Pile ou face ?

Mais je comprends qu’on ait mal, quand la ville qu’on aimait montre ses dents de métal, offre à nos culs des cactus. J’ai quitté Bruxelles il y a quinze ans. Dans mon coin, à Jette, dire bonjour aux inconnus, aux peu connus se perdait sensiblement, survivait à peine aux heures creuses. Ici, je respire mieux.

Mais bien ??

Un jour, bientôt, je serai mort, et j’espère qu’en enfer, au moins...

Vous pouvez compter sur moi pour vous y souhaiter la bienvenue, et nous nous dirons, chanterons : alors pourquoi pas s’asseoir ?

Luc le Chanceux, dit Lucky Luke (et la moitié du Luc’s)

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